Ce que vous ignorez sur la greedflation dans la chaîne d'approvisionnement électronique

Pendant la pandémie de COVID-19, le terme « greedflation » s’est imposé pour désigner la hausse abusive des prix dissimulée derrière l’inflation. Dans le contexte actuel de droits de douane élevés, la greedflation pourrait bien faire son retour.

Ce que vous ignorez sur la greedflation dans la chaîne d'approvisionnement électronique

À retenir :

  • Dans de nombreux cas, les nouveaux coûts de droits de douane supportés par les fournisseurs et autres importateurs sont répercutés en aval, entraînant une augmentation des prix pour les fabricants de matériel d'origine (OEM) et les consommateurs. Mais l’on observe également un sentiment croissant que certaines entreprises emploient les mêmes pratiques trompeuses vues pendant la pandémie de COVID-19 pour élargir leurs marges bénéficiaires. 

  • Souvent, ce ne sont pas les OEM qui utilisent les droits de douane ou une autre pression économique émergente comme prétexte pour augmenter les prix, mais les fabricants situés plus en amont de la chaîne d'approvisionnement. 

  • Heureusement, les OEM et autres importateurs américains disposent de stratégies pour contrecarrer les discours trompeurs autour des droits de douane dans leur chaîne d'approvisionnement. Cependant, pour pouvoir remettre en cause les affirmations des fournisseurs, les entreprises ont besoin des données et des analyses indispensables pour contrer ces arguments. 

En 2022, après deux années de pandémie de COVID-19, l’inflation a frappé l’économie américaine. Les pénuries d’approvisionnement, l’augmentation du coût des matières premières et la crise mondiale du transport par conteneurs—parmi d’autres facteurs—ont fait grimper les prix des biens. Dès juin, l’inflation dépassait les neuf pourcents. Avec une moyenne annuelle de 6,5 %, le taux de 2022 était le plus élevé enregistré aux États-Unis depuis plus de quarante ans. 

Au cours des deux années suivantes, économistes, experts en politiques publiques et groupes de réflexion ont analysé les données afin de comprendre les raisons précises ayant mené à ces niveaux d’inflation historiques en 2022 et 2023. Dans certains cas, il est apparu que la hausse des prix ne s’expliquait pas toujours uniquement par la hausse du coût des matières, de la production et du transport. Autrement dit, une partie de l’augmentation des prix à laquelle les Américains ont dû faire face en 2022 et 2023 ne résultait pas de la simple nécessité pour les entreprises de couvrir leurs propres coûts. Certaines sociétés utilisaient en fait la vague d’inflation omniprésente comme écran pour relever leurs prix, même si cela n’était pas justifié par leurs frais globaux. 

À l’automne 2022, un nouveau terme a fait son apparition pour désigner cette instrumentalisation des discours largement acceptés sur la flambée des prix : la « greedflation ».

Qu’est-ce que la Greedflation ?

Le terme « greedflation » désigne la pratique d’entreprises qui profitent de l’inflation comme prétexte pour augmenter leurs prix dans le but d’accroître leurs profits. The Atlantic définit la greedflation comme « l’idée selon laquelle la cupidité des entreprises, via des majorations excessives, serait responsable des hausses de prix durant la période pandémique ». Si l’ampleur de l’impact de la greedflation sur la période d’inflation prolongée entamée fin 2021 et culminant en 2022 fait débat, de nombreux travaux publiés ces deux dernières années attestent de sa réalité. 

  • Une publication de 2023 rédigée par plusieurs économistes de l’Université du Massachusetts à Amherst affirme que « l’inflation liée à la COVID-19 aux États-Unis relève avant tout d’une inflation provoquée par les vendeurs, s’expliquant par des causes microéconomiques, soit la capacité d’entreprises en position dominante d’augmenter les prix ». Les auteurs soulignent les profits records des entreprises américaines en 2021 et 2022, une tendance qui correspond à la montée de l’inflation et suggère fortement que ces sociétés ont tiré parti du contexte pour maximiser leurs profits. L’article note également que d’autres explications potentielles pour l’inflation des années 2020—telles qu’une explosion durable de la demande ou une hausse rapide des salaires—étaient statistiquement moins convaincantes. 

  • Une étude approfondie menée par deux think tanks, IPPR et Common Wealth, la même année, obtient des résultats similaires. Le rapport analyse les états financiers de plus de 1 300 entreprises dans le monde et montre que leurs bénéfices « ont progressé à un rythme bien supérieur à celui de leurs coûts ». Les profits de certaines des plus grandes sociétés mondiales ont augmenté de 30 % entre 2019 et 2022—des chiffres qui illustrent fortement le phénomène de greedflation. 

La greedflation dans la chaîne d'approvisionnement électronique aujourd’hui

Si beaucoup espéraient que la « greedflation » serait propre à l’ère pandémique—un épisode isolé de pratiques abusives dissimulées derrière des tendances macroéconomiques plus larges—la réalité montre que cette pratique n’a peut-être pas disparu. Cette année, les marchés américains et mondiaux sont à nouveau bousculés par le régime de droits de douane mis en place par la nouvelle administration Trump. Avec l’instauration intermittente de taxes à l’importation envers la Chine, le Mexique, l’Union européenne et de nombreux autres pays, les chaînes d'approvisionnement américaines se retrouvent de nouveau soumises à de fortes pressions sur les prix. 

Si beaucoup espéraient que la « greedflation » serait propre à l’ère pandémique—un épisode isolé de pratiques abusives dissimulées derrière des tendances macroéconomiques plus larges—la réalité montre que cette pratique n’a peut-être pas disparu.

Il paraît logique que les nouveaux coûts de droits de douane supportés par les fournisseurs et autres importateurs soient répercutés en aval, entraînant ainsi une hausse des prix pour les OEM et les consommateurs. Et si cela s’avère vrai dans certains cas, on observe aussi un sentiment croissant que des entreprises adoptent à nouveau les pratiques trompeuses de la pandémie pour accroître leurs marges. Dans une lettre adressée au secrétaire au Commerce Howard Lutnick en mars, la sénatrice Elizabeth Warren a alerté sur le fait que le régime de droits de douane imposé par le président Trump pourrait offrir aux grandes entreprises « de nouvelles excuses pour surfacturer les consommateurs américains ». Mme Warren fait référence aux propos du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, qui rappelait lors d’une conférence de presse quelques semaines plus tôt que le prix des sèche-linges avait augmenté—alors que seuls les lave-linges étaient soumis à un droit de douane. Les fabricants, précisait Powell, « se sont simplement alignés et ont augmenté leurs prix ».

Un exemple récent très médiatisé de ce que certains qualifient de greedflation est la décision de Sony d’augmenter le prix de sa PlayStation 5. Le fabricant japonais d’électronique a relevé de plus de 10 % le prix de sa console phare au Royaume-Uni, en Europe et en Australie, invoquant « un contexte économique difficile, notamment une forte inflation et des taux de change fluctuants ». Même si les droits de douane américains n’ont pas été explicitement mentionnés, il est plausible que Sony prenne des mesures pour anticiper de futurs surcoûts—une manière courante pour les entreprises de justifier une augmentation tarifaire. 

Cependant, dans de nombreux cas, ce ne sont pas les OEM qui invoquent les droits de douane ou des pressions économiques émergentes pour augmenter les prix, mais bien les fabricants plus en amont de la chaîne d’approvisionnement. Depuis le début de l’année, on relève des témoignages d’OEM faisant face à des augmentations tarifaires sur des composants et sous-ensembles électroniques, prétendument à cause de droits de douane—alors même qu’ils savent que ces produits ne sont pas concernés par de nouvelles taxes à l’importation. La chaîne d'approvisionnement électronique est l’un des réseaux industriels les plus complexes au monde, et certains fournisseurs de rang 1 semblent habilement exploiter cette complexité pour faire passer des hausses de prix comme la conséquence inévitable d’un environnement commercial plus coûteux. 

Depuis le début de l’année, on relève des témoignages d’OEM faisant face à des augmentations tarifaires sur des composants et sous-ensembles électroniques, prétendument à cause de droits de douane—alors même qu’ils savent que ces produits ne sont pas concernés par de nouvelles taxes à l’importation.

Mesures de mitigation contre la greedflation

Heureusement, les OEM et autres importateurs américains disposent de stratégies pour contrecarrer les discours trompeurs autour des droits de douane dans leur chaîne d'approvisionnement. Cependant, pour pouvoir remettre en cause les affirmations des fournisseurs, les entreprises ont besoin des données et des analyses indispensables pour contrer ces arguments. 

  • Cartographie multi-niveaux : Les fabricants de matériel d’origine qui peuvent cartographier leurs sous-niveaux sont en mesure de croiser les affirmations de leurs fournisseurs directs concernant les droits de douane, le pays d'origine (COO) et d’autres informations d’approvisionnement. Par exemple, si un fournisseur de rang 1 affirme augmenter les prix de ses composants en raison des droits de douane américains sur la Chine, un OEM disposant d’une visibilité approfondie sur sa chaîne d’approvisionnement peut vérifier dans ses sous-niveaux si ses fournisseurs s’approvisionnent effectivement en Chine. Si ce n’est pas le cas—ou s’ils ne s’approvisionnent qu’en partie en Chine mais utilisent cela comme prétexte pour augmenter le prix de tous leurs composants—ces données servent de levier puissant. La visibilité multi-niveaux sur la chaîne d’approvisionnement est l’un des outils les plus efficaces pour vérifier les coûts de droits de douane en amont et contrer la greedflation côté fournisseurs. 

  • Taux de droits de douane actuels et historiques : En plus d’une visibilité complète sur la chaîne d’approvisionnement, les OEM peuvent aussi développer un réel avantage concurrentiel grâce à une connaissance approfondie des taux actuels et passés de droits de douane. Bien que l’administration Trump ait instauré de nouveaux droits de douane importants sur la Chine en 2025, le gouvernement américain appliquait déjà des taxes sur de nombreuses importations chinoises—y compris un taux de 50 % sur les semi-conducteurs—avant la prise de fonction de cette administration en janvier. Les droits de douane n’ont donc pas commencé avec la nouvelle équipe présidentielle. Les entreprises capables de replacer les droits de douane actuels dans une perspective historique sauront contester les augmentations tarifaires portant sur des importations déjà taxées auparavant. 

Combattre la greedflation avec la solution SCRM de Z2Data

Comme si les importateurs américains et les OEM n’avaient pas déjà à gérer une nouvelle ère de droits de douane et les hausses de prix qu’ils annoncent, les entreprises doivent également se prémunir contre des fournisseurs pouvant chercher à exploiter ce contexte géopolitique à leurs propres fins. À la suite des années COVID-19, la greedflation est aujourd’hui reconnue par les économistes et experts comme un phénomène crédible, et tout indique qu’elle fait son retour en 2025.

La plateforme de gestion des risques de la chaîne d’approvisionnement (SCRM) de Z2Data fournit aux organisations les outils essentiels pour contrer les tentatives de hausse de prix par les fournisseurs. Le logiciel SCRM aide les OEM et autres entreprises à exploiter données, analyses et contexte historique complet pour s’opposer aux fabricants en amont.

  • Données tarifaires sur plus d’un milliard de composants.

  • Historiques complets des prix, permettant aux entreprises d’analyser l’évolution des coûts des composants dans le temps.

  • Fonctions de recherche croisée, donnant la possibilité de comparer les coûts entre composants présentant des caractéristiques form-fit-function (FFF) similaires.

  • Cartographie de la chaîne d'approvisionnement et visibilité multi-niveaux, offrant aux organisations l’intelligence nécessaire pour vérifier les allégations concernant les droits de douane.

L’intelligence et l’analyse fournies par Z2Data donnent aux organisations le levier dont elles ont besoin dans un environnement de chaîne d’approvisionnement dynamique en 2025. Pour en savoir plus sur la façon dont la plateforme Z2Data peut aider votre entreprise à identifier la greedflation dans votre chaîne d’approvisionnement et à contrer ces pratiques fournisseurs, demandez une démo gratuite avec l’un de nos experts produits.