Sept statistiques illustrant la domination de la Chine sur les minerais de conflit essentiels

Récemment, la Chine a mis en place plusieurs mesures pour exploiter son contrôle important sur la production de minerais essentiels. Ces statistiques mettent en lumière cet avantage—et les actions engagées par d'autres nations pour y faire face.

Sept statistiques illustrant la domination de la Chine sur les minerais de conflit essentiels

À retenir :

  • La domination de la Chine sur les deux étapes essentielles de la production des minerais critiques et des terres rares (REE) — l’extraction minière et le raffinage, ou le traitement — a été particulièrement marquante cette année. Des secteurs clés aux États-Unis, comme l’automobile, la défense et la technologie, subissent la pression du contrôle chinois sur les chaînes d’approvisionnement en minerais. 
  • La prééminence de la Chine dans la production des REE est bien établie. Si le contrôle de 70 % de l’extraction mondiale des terres rares est impressionnant mais pas nécessairement insurmontable, c’est dans la maîtrise des techniques de raffinage que la Chine occupe une position incontournable dans la chaîne d’approvisionnement. 
  • En 2013, le Parti communiste chinois (PCC) a lancé l’Initiative « la Ceinture et la Route », un projet ambitieux impliquant la collaboration de plus de 100 pays, entreprises et organisations internationales. Un axe central de cette initiative a été l’investissement massif de la Chine dans des exploitations minières internationales sur cinq continents, notamment en Afrique, où la Chine est très présente dans les mines de cobalt de la République démocratique du Congo.
  • La plateforme de supply chain risk management (SCRM) Z2Data aide les entreprises à cartographier plusieurs niveaux de leur chaîne d’approvisionnement, offrant une visibilité indispensable pour répondre au contexte commercial actuel et identifier les dépendances à risque en matières premières.

Depuis que la Chine a commencé à imposer des restrictions à l’exportation de minerais critiques dans les derniers mois de 2023 — y compris le gallium, le germanium et le graphite — son pouvoir sur le secteur des minéraux critiques est devenu un paramètre stratégique à l’échelle mondiale. Après l’annonce, en avril dernier, de sévères droits de douane sur la Chine par l’administration Trump, le pays a riposté en restreignant les exportations de terres rares (REE), un groupe de 17 éléments dont elle contrôle une large part de l’extraction et du traitement. Depuis, la domination chinoise sur l’extraction et le raffinage des minerais critiques et terres rares s’est encore renforcée. 

Des secteurs américains majeurs tels que l’automobile, la défense et la technologie ressentent désormais plus fortement la pression liée à cette domination. Si elle le juge pertinent, la Chine pourrait à tout moment imposer unilatéralement des contrôles ou des interdictions à l’exportation, ou d’autres mesures pour réduire l’offre de minerais critiques et de REE. Les entreprises américaines et autres acteurs non chinois en subiraient les conséquences : fermetures temporaires d’usines, ruptures de la continuité industrielle et pertes de chiffre d’affaires.

Nous présentons ici cinq chiffres illustrant la mainmise chinoise sur la production mondiale de minerais critiques. Nous examinerons également deux statistiques soulignant les avancées, certes modestes mais significatives, de certains pays dans leurs efforts d’indépendance vis-à-vis de la Chine. 

1. 70 % et 90 % : Part de la Chine dans l’extraction et le raffinage mondial des terres rares

La prééminence de la Chine dans la production des REE est bien établie. Si le contrôle de 70 % de l’extraction mondiale des terres rares est notable, c’est par la maîtrise des procédés de raffinage que la Chine s’impose comme nœud indispensable dans la chaîne d’approvisionnement. 

La Chine travaille depuis des décennies au renforcement de ses capacités de raffinage des REE. Entre 1950 et 2018, le pays a déposé 25 000 brevets sur les terres rares, contre seulement 10 000 aux États-Unis. Résultat : une avancée continue qui permet aujourd’hui à la Chine de tirer profit de sa suprématie dans le raffinage des terres rares lors de conflits géopolitiques, guerres commerciales et autres formes de pression économique asymétrique.

2. 80 % : Part de la Chine dans la production mondiale de silicium en 2024

En 2012, la Chine produisait environ 30 % du silicium mondial. Treize ans plus tard, ce chiffre atteint 80 %, le pays assurant à lui seul 4/5e de l’approvisionnement mondial. Cette accélération résulte de multiples facteurs conjugués qui ont propulsé l’industrie au cours de la dernière décennie. 

L’expansion rapide de la capacité de production de silicium en Chine résulte de facteurs multiples ayant dynamisé le secteur depuis plus de dix ans. 

La Chine dispose des plus importantes réserves mondiales de silicium, y compris la quartzite et autres silicates connexes, lui conférant un net avantage pour l’exploitation minière. Les producteurs bénéficient aussi d’un soutien financier massif de l’État sous forme de subventions pour accroître leurs capacités. À cela s’ajoutent des mesures incitatives locales telles que des terrains ou de l’énergie à coûts réduits pour favoriser l’investissement. 

3. 60 % et 90 % : Contrôle du germanium et du gallium par la Chine 

Le germanium et le gallium illustrent parfaitement le niveau de contrôle construit par la Chine sur les terres rares. Le germanium est utilisé dans les cellules solaires et la fibre optique. Le gallium est crucial dans la production des semi-conducteurs, circuits intégrés et LED. Les États-Unis sont entièrement dépendants des importations pour ces deux REE, dont la Chine est l’un des principaux fournisseurs. 

L’an dernier, l’U.S. Geological Survey a alerté sur l’impact ravageur potentiel de toute restriction chinoise sur le gallium et le germanium pour l’industrie américaine. D’après leur modèle statistique, un embargo total sur ces deux REE amputerait le PIB américain jusqu’à 3,4 milliards de dollars. Les secteurs concernés : fabrication de semi-conducteurs, assemblage de circuits imprimés et équipements électroniques. 

4. 1 000 milliards de dollars : investissements de la Chine dans l’Initiative « la Ceinture et la Route » depuis 2013 

En 2013, le Parti communiste chinois (PCC) lance l’Initiative « la Ceinture et la Route » : un projet d’envergure impliquant plus de 100 pays, entreprises et organisations internationales, pour établir un vaste réseau d’infrastructures physiques et numériques. L’objectif : relier la Chine à des pays d’Asie, d’Afrique, du Moyen-Orient et d’Europe, renforçant ainsi ses liens commerciaux et diplomatiques.

Douze ans après, l’un des axes majeurs de l’initiative est l’investissement dans des sociétés minières internationales. Les entreprises chinoises soutenues par l’État détiennent désormais des participations dans des opérations minières sur cinq continents, notamment en Afrique, où la Chine possède une forte empreinte dans les mines de cobalt de la République démocratique du Congo. Au total, la Chine a investi jusqu’à 1 000 milliards de dollars dans des centaines de projets, renforçant ainsi sa mainmise sur les minerais critiques. 

5. 7 milliards de dollars : montant récemment engagé par les entreprises chinoises dans les mines de RDC

En janvier 2024, un consortium d’entreprises chinoises du bâtiment annonce jusqu’à 7 milliards de dollars d’investissement dans de nouveaux projets en République démocratique du Congo (RDC), pays africain où la présence chinoise est déjà considérable. Il s’agit de l’expansion programmée des mines de cuivre et de cobalt Sicomines, une coentreprise entre la Chine et la RDC. Les deux pays avaient initialement convenu d’un accord où la Chine construisait des routes et des hôpitaux en RDC pour 3 milliards de dollars, en échange d’une participation de 68 % dans la société minière publique congolaise Gécamines, devenue par la suite Sicomines. 

La présence de la Chine en RDC — ainsi que ces investissements — illustrent ses efforts pour renforcer son influence dans les pays en développement riches en ressources naturelles. En 2025, ce type de partenariats explique pourquoi la Chine détient désormais un contrôle aussi élevé sur le cobalt, le cuivre et de nombreux autres minerais.

6. 13 : nombre de projets sur les matières premières lancés par l’UE en juin pour réduire sa dépendance à la Chine

En juin, l’Union européenne a annoncé 13 nouveaux projets axés sur l’extraction et le traitement des matières premières, incluant les minerais critiques et les REE. Le commissaire européen à l’industrie, Stéphane Séjourné, a déclaré que l’UE « doit réduire ses dépendances à tous les pays, particulièrement à certains pays comme la Chine ». 

Comme pour les États-Unis, l’instauration par la Chine de restrictions à l’exportation des REE en avril a incité l’UE à accélérer la recherche de filières alternatives pour la production de matières premières. Ces nouveaux projets — en Ukraine, au Groenland, au Kazakhstan et en Zambie — visent à élargir l’accès au cobalt, graphite, tungstène et autres matières.  

Tout comme pour les États-Unis, la mise en œuvre par la Chine de restrictions sur les exportations de REE en avril a été un facteur de mobilisation important pour l’UE afin de développer des solutions alternatives de production de matières premières.

7. Plus de 1 milliard de dollars : valeur du contrat annoncé en juillet entre les États-Unis et MP Materials

À l’instar de l’UE, les États-Unis ont vu dans les restrictions d’exportation chinoises prévues pour 2025 un signal pour constituer des chaînes d’approvisionnement de minerais critiques indépendantes de la Chine. Parmi les premières mesures phares, un accord de plusieurs milliards de dollars avec MP Materials, entreprise minière basée à Las Vegas et propriétaire de la seule mine de terres rares et installation de raffinage aux États-Unis : Mountain Pass. 

Bien que les détails financiers ne soient pas tous publics, ce partenariat fera du Department of Defense (DoD) le principal actionnaire de MP Materials. Pour relancer une production nationale de REE, la mine Mountain Pass est le point de départ évident : elle fut leader mondial pendant des décennies à partir des années 1960, avant d’être dépassée par la Chine autour de l’an 2000. Ryan Castilloux, directeur général du cabinet Adamas Intelligence, a déclaré à Reuters au moment de l’annonce que ce partenariat public-privé serait un « game changer » pour l’industrie extra-chinoise et un levier indispensable pour augmenter la capacité de production d’aimants. 

La visibilité multi-niveaux de Z2Data pour révéler les dépendances en matières premières

Les récentes mesures stratégiques de la Chine pour limiter l’accès aux REE exercent une pression tangible sur de grands fabricants d’équipements d’origine (OEM) américains comme Ford, qui annonçait en juin l’arrêt temporaire d’une de ses usines à cause de ces restrictions. À une époque où l’accès aux minéraux critiques, REE et autres ressources fait l’objet de tensions géopolitiques et de guerres commerciales, les entreprises dotées d’une visibilité et d’options solides disposent d’un avantage stratégique. 

La plateforme de supply chain risk management (SCRM) Z2Data permet aux entreprises d’obtenir une visibilité jusqu’aux fournisseurs de matières premières en cartographiant plusieurs niveaux de leur chaîne d’approvisionnement. Ce niveau d’analyse est indispensable, car il donne l’intelligence décisionnelle requise pour identifier les dépendances à risque et élaborer des mesures de réduction efficaces. Grâce aux données de chaîne d’approvisionnement de Z2Data, vous pouvez mettre en œuvre différentes stratégies de gestion des risques :

  • Constituer des stocks de sécurité des minéraux et REE les plus essentiels.
  • Recycler les matières premières.
  • Redessiner produits et composants pour limiter la dépendance aux minéraux critiques et REE soumis aux restrictions chinoises.
  • Développer des chaînes d’approvisionnement alternatives avec des fournisseurs plus stables.

Quel que soit le cap retenu par votre entreprise, Z2Data vous fournit les données et les analyses de risques pour sécuriser des décisions informées et factuelles. Pour en savoir plus sur Z2Data et la façon dont sa cartographie multi-niveaux et son analyse des matériaux peuvent vous aider à réduire vos risques de dépendance aux minéraux critiques et aux REE, réservez un essai gratuit avec l’un de nos experts produits.