Réchauffement climatique et industrie des semi-conducteurs

Avec le réchauffement climatique devenu une crise climatique, provoquant des pénuries d'énergie, d'eau et d'autres ressources, il devient de plus en plus essentiel pour l'industrie d’examiner ses pratiques de durabilité.

Réchauffement climatique et industrie des semi-conducteurs

Des concentrations atmosphériques record de gaz à effet de serre et la chaleur accumulée qui en résulte ont propulsé la planète vers des températures mondiales sans précédent.  

Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), les sept dernières années devraient être les sept plus chaudes jamais enregistrées, et la période 2022-2026 sera probablement plus chaude que les cinq années précédentes (2017-2021). 

Ce rapport combine les contributions de plusieurs agences des Nations Unies, services météorologiques et hydrologiques nationaux, ainsi que d’experts scientifiques. Il met en avant les répercussions considérables pour les générations actuelles et futures, ainsi que les impacts sur la sécurité alimentaire et le déplacement des populations, portant atteinte aux écosystèmes essentiels et compromettant les progrès vers les Objectifs de développement durable. 

La hausse des températures entraîne également une évaporation plus rapide de l’eau, accélérant le cycle hydrologique et augmentant la probabilité d'événements météorologiques extrêmes et de sécheresses à l’échelle mondiale. 

Cet été, les températures se sont envolées dans l’hémisphère nord, une grande partie des États-Unis, de l’Europe, de l’Asie, de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ayant connu des records de chaleur. Le secrétaire général de l’ONU a déclaré lundi aux ministres de 40 pays réunis pour discuter de la crise climatique : « La moitié de l’humanité se trouve en zone de danger, confrontée aux inondations, sécheresses, tempêtes extrêmes et incendies de forêt. Aucune nation n’est à l’abri. Pourtant, nous continuons de nourrir notre dépendance aux combustibles fossiles. » 

La météo reste le principal moteur de la consommation énergétique, et de nombreux pays ont des difficultés à répondre à l’augmentation de la demande en électricité.

Selon CNN, les experts et responsables du secteur de l’électricité avertissent que les États-Unis pourraient ne pas disposer de suffisamment d’énergie pour répondre à la demande dans les mois à venir. L’article poursuit en indiquant que nombre des opérateurs de réseau aux États-Unis n’intègrent pas le changement climatique dans leur planification, alors même que les épisodes météorologiques extrêmes sont de plus en plus fréquents et intenses. Cela laisse présager des coupures de courant récurrentes, non seulement cet été mais aussi dans les années à venir.

Cette situation peut avoir un impact majeur sur l’industrie manufacturière américaine. La semaine dernière, l’opérateur du réseau texan a dû prendre mercredi des mesures d’urgence pour éviter les coupures tournantes face à la flambée de la demande en électricité. Samsung, Toyota Motors et plusieurs autres entreprises ont dû réduire leur production, la vague de chaleur mettant à rude épreuve l’approvisionnement en énergie de l’État. 

La Chine est confrontée aux mêmes défis : la semaine dernière, à cause de la canicule, des mesures de rationnement d’électricité ont été instaurées dans les principales provinces exportatrices et industrielles du pays. Les problèmes d’approvisionnement en énergie pourraient devenir récurrents en Chine, venant s’ajouter aux difficultés déjà rencontrées par l’industrie chinoise depuis les confinements dus au COVID-19.

L’an dernier, la Chine a également fait face à ce défi, provoquant des coupures d’électricité à l’échelle nationale durant le second semestre. Celles-ci étaient imputées à la pénurie de charbon, qui représente environ 60 % de la production électrique chinoise, ainsi qu’à la hausse de la demande en énergie. 

Toujours l’an dernier, les vagues de chaleur à Taïwan ont provoqué non seulement des coupures d’électricité mais également l’une des années les plus sèches depuis 1979. Cela a entraîné des interruptions opérationnelles chez TSMC, qui produit plus de 50 % de la capacité mondiale d’externalisation de semi-conducteurs. 

La demande mondiale pour les semi-conducteurs continuant de croître, les fabricants investissent dans la construction de nouvelles usines et augmentent leurs capacités de production aux États-Unis, en Europe, en Inde et ailleurs. Cependant, la production de puces comporte une empreinte carbone importante, nécessitant de grandes quantités d’énergie et d’eau, avec un impact environnemental négatif, notamment sur la qualité de l’air et des nappes phréatiques.

Face au réchauffement climatique qui se transforme en crise, entraînant pénuries d’énergie, d’eau et d’autres ressources, il devient de plus en plus crucial pour l’industrie d’examiner ses pratiques de durabilité. 

Depuis plusieurs années, la durabilité est devenue une priorité majeure du secteur des semi-conducteurs, son importance s’étant accrue aux yeux des consommateurs, investisseurs et gouvernements. 

De nombreux fabricants ont commencé à se fixer des objectifs de réduction de leur consommation de ressources et ont adopté des cibles ambitieuses pour réduire leurs émissions, mais nombre d’entre eux prennent du retard. 

Face au renforcement des normes gouvernementales, les entreprises sont incitées à examiner leur empreinte carbone et leurs émissions sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement. 

Atteindre des réductions d’émissions nécessitera une collaboration avec vos fournisseurs et une visibilité sur leurs pratiques environnementales jusqu’aux sous-traitants. Il est essentiel d’intégrer l’ensemble de votre chaîne d’approvisionnement dans vos efforts de durabilité, en évaluant vos fournisseurs et partenaires commerciaux, leurs pratiques environnementales et leurs émissions de carbone.